L’Esplanade de l’Échangeur de Limete s’apprête à se transformer à un temple de la foi, de l’unité et de la concorde nationale. Ce dimanche, Kinshasa sera le point d’ancrage d’un grand rassemblement spirituel et culturel baptisé « Amani Day ». Initiée par la Fondation Armand Miteyo, cette première édition s’annonce comme un rendez-vous historique pour les amoureux de la musique chrétienne en République Démocratique du Congo, portée par une ambition profonde : implorer et célébrer la paix à travers le chant.
Pour ce baptême du feu, les organisateurs ont frappé fort en réunissant sur une même scène des figures emblématiques et particulièrement influentes du gospel congolais. Le public kinois aura ainsi l’opportunité de communier avec des artistes d’exception tels que Faveur Mukoko, David Ize, le Pasteur Van Walessa, Michel Bakenda et le Pasteur Mike Flore. Au-delà de leurs répertoires à succès, ces chantres de l’Éternel unissent leurs voix pour porter un message central et universel, hautement symbolique pour la nation.
Le choix de Kinshasa pour le lancement de cet événement se veut un acte fondateur. Face aux défis sécuritaires et aux tragédies qui touchent le pays, la musique s’impose ici comme le canal par excellence pour toucher les cœurs, sensibiliser les masses et offrir un espace de réconfort. L’Échangeur de Limete, lieu hautement symbolique de la capitale, deviendra le temps d’une journée le sanctuaire d’une communion fraternelle où la louange se mettra au service de la paix.
Lors de la conférence de presse, Edouard David Mavinga, membre de l’organisation (Intervenant 1), a partagé la vision et les choix stratégiques de l’événement « Amani Day ».
« La musique, c’est d’abord un point de relais qui touche un plus grand nombre. Avant même sur le plan culturel, c’est la culture du chant qui brandit l’étendard de la nationalité congolaise. Et nous avons voulu passer au travers du chant parce que si les gens ne pourront pas suivre une émission politique, ils pourront néanmoins écouter une musique. Et ces artistes ont de l’envergure, ont de l’ancrage, et ils nous aident afin de sensibiliser le message de la paix, parce que nous devons le marteler à plusieurs reprises parce que le problème est très persistant et il faut en parler jusqu’à ce que ça cesse, parce que nous voulons défendre la voix des sans-voix », a-t-il dit.
L’événement « Amani Day » est conçu comme un acte fondateur placé sous le signe de la foi et du mystère, les organisateurs promettant plusieurs surprises au public pour cette première édition. Le choix des artistes à l’affiche s’est fait naturellement selon leur disponibilité et leur volonté immédiate de porter ce projet, avec l’ambition d’élargir la programmation lors des futures éditions.
Par ailleurs, Kinshasa a été privilégiée comme point de départ pour des raisons évidentes de sécurité logistique, avant d’envisager un déploiement dans d’autres provinces. Enfin, face à la crise sécuritaire persistante à l’est de la RDC, l’organisation mise sur la puissance culturelle de la musique et l’impact des artistes gospel pour toucher un large public, sensibiliser durablement à la paix et porter efficacement la voix des sans-voix là où les discours politiques échouent.
L’engagement des artistes face aux crises humanitaires transcende les genres musicaux et unit les voix autour d’un idéal commun : la paix. Au-delà des clivages et des sensibilités spirituelles de chacun, l’urgence de la situation exige une mobilisation collective et ininterrompue. C’est précisément cette vision d’unité et de persévérance que le chantre Michel Bakenda a partagée lors de son intervention pour le concert de gospel « Amani Day », rappelant avec force que la quête de la paix ne souffre d’aucune rivalité, mais appelle plutôt à une convergence des cœurs et des initiatives.
« L’objectif n’est pas d’établir une différence entre si moi je le fais ou si c’est Papa Chéri qui le fait. Le problème n’est pas là, surtout que nous poursuivons les mêmes objectifs. […] Tant que la guerre sera au rendez-vous, des initiatives pareilles doivent continuer. […] Nous, nous sommes en train de glorifier Dieu, mais le fond reste le même. Nous le faisons pour Dieu en pensant aux autres. Eux chantent peut-être l’amour et tout ce que vous voulez, mais là où nous nous retrouvons, c’est à partir de nos pensées. », s’est exprimé Michel Bakenda.
Afin de l’aider à toucher pleinement son auditoire, le Pasteur Mike Flore met un point d’honneur à soigner les préparatifs en coulisses tout en gardant une motivation purement spirituelle. Conscient des attentes du public, notamment de ceux qui subissent les affres de la guerre, il peaufine son programme musical pour offrir un moment mémorable où la communion divine et l’expression artistique se rencontrent pour proclamer une espérance commune.
« Nous, à notre niveau, je fais mes répétitions, je m’apprête avec un répertoire digne de son nom pour amener vraiment ma contribution à cette célébration. Et je sais qu’il y aura la joie, il y aura la danse, il y aura l’adoration, il y aura la prière, et puis je sais qu’il y aura l’amour de Dieu dans ce que nous allons faire. »
Le message d’espoir et d’unité porté par l’événement prendra également une dimension spirituelle profonde avec la participation de Faveur Mukoko. Interrogée sur les attentes entourant sa performance et l’impact de ce grand rassemblement, la chantre congolaise a rappelé la synergie essentielle entre l’action humaine et la volonté divine, tout en invitant le public à venir avec une réelle disposition de cœur.Elle s’est exprimée en ces termes :
« Je dirais que l’homme a sa part, comme venait de le dire papa Mike Flore. L’homme a sa part et Dieu a sa part. Nous sommes les porteurs de la vie de Dieu, c’est vrai. Dieu mettra dans nos bouches des choses à dire à son peuple ce jour-là, mais on ne peut pas dire exactement ce qui va se passer sans que Dieu ne l’ait révélé. Donc, si je dois dire quelque chose ici maintenant, c’est de s’attendre à Dieu. Mais venez surtout avec la soif de voir les résultats de la paix que nous avons demandée à Dieu ce jour-là », a-t-elle promis.
