Écrivain et développeur web, Holson Mpangala est passionné de poésie depuis son enfance. Décidé à suivre cette voie, le poète s’est laissé submerger par les eaux des mots jusqu’à ce jour, décrivant lui-même son style comme une poésie introspective, élégiaque et lyrique.
« La poésie ? C’est depuis l’école secondaire. À l’époque, c’était surtout pour le fun, pour jouer avec les mots, impressionner deux ou trois personnes. Avec le temps, ce qui était un jeu est devenu plus sérieux. L’écriture a pris de la profondeur », a déclaré le poète.
Par ailleurs, Holson Mpangala n’est pas influencé uniquement par la littérature, mais également par la musique, surtout des variétés françaises. Dans sa poésie, il évite les détours inutiles. Il nous a confiés que, par sa manière d’écrire, il tente de structurer les émotions.
« Je cherche la phrase juste comme on cherche une solution propre, celle qui tient, qui ne triche pas, qui va au cœur du problème », a-t-il laissé entendre.
En s’appuyant sur une expérience profondément personnelle, le poète interroge une réalité universelle : les regrets silencieux qui habitent chacun de nous. De cette réflexion est née « Étreinte des regrets », un recueil à la fois poignant et réaliste, né d’un vide qu’il fallait absolument combler.
« Je voulais un titre qui soit presque physique, parce que le regret se vit dans le corps : dans la gorge quand un mot n’est pas sorti, dans la poitrine quand une absence revient, dans les mains quand on comprend trop tard le geste qu’on n’a pas posé », s’est-il révélé.
Poursuivant, il explique :
« Le déclic est venu d’un manque. D’un vide laissé par une disparition, mais aussi d’une accumulation de silences, de phrases retenues et d’erreurs répétées. À un moment, l’absence débordait. Il fallait en faire quelque chose, sinon elle allait simplement rester là, intacte. »
« Les regrets que j’explore dans ce recueil sont à la fois personnels et universels. Ils sont personnels parce qu’ils partent de choses vécues, ressenties ou observées de très près. Mais ces regrets deviennent aussi universels, parce que personne ne traverse la vie sans porter un “j’aurais dû”. J’aurais dû parler. J’aurais dû rester. J’aurais dû aimer autrement. J’aurais dû demander pardon. J’aurais dû comprendre plus tôt. »
En effet, un recueil aussi personnel ne s’écrit pas en un jour. L’auteur confie que certains textes remontent de 2020, d’autres ont été écrits en 2022, avec des touches de plus en plus différentes. Toutefois, c’est en juillet 2025 que ce projet a véritablement pris forme, passant d’un registre intime à quelque chose de plus universel.
Selon le poète, « Étreinte des regrets » n’est pas seulement un livre sur ce qui fait mal, mais aussi un ouvrage « sur ce qu’on peut transformer après avoir enfin regardé la douleur en face ».
Constitué de 116 pages incluant d70 textes poétiques, l’ensemble du livre a pour thème central le regret. Une thématique dans laquelle plusieurs personnes présentes lors de son vernissage, organisé au Chapiteau du collège Boboto à Kinshasa le 31 mai 2026, se sont reconnues et en ont témoigné.
Un message à ceux qui écrivent sans jamais oser publier ?
« Je leur dirais d’abord : continuez d’écrire, même si personne ne vous lit encore. Écrire en secret, ce n’est pas perdre son temps. C’est souvent là que la voix se forme, loin du bruit, loin du regard des autres. Mais à un moment, il faut aussi accepter de sortir du tiroir. Pas forcément pour plaire. Pas forcément pour être applaudi. Mais parce qu’un texte qui reste caché trop longtemps finit parfois par étouffer celui qui l’a écrit. »
Le poète motive encore ceux qui ont envie de dire des choses qui les touchent profondément, mais ils hésitent de les coucher sur papier.
« Écrivez, corrigez, travaillez, lisez beaucoup. Et quand vous sentez qu’un texte a trouvé sa forme, laissez-le respirer dehors », a-t-il conclu.
Yves Muetu
