Le centre culturel Losa – La Maison des Arts, situé dans la commune de Ngaliema, a vibré au rythme du septième art le samedi 25 avril 2026. Organisée par le Ciné-club Minzoto, en partenariat avec le Goethe-Institut, cette soirée de projection-débat a réuni un public sélectif autour d’une thématique profonde : la spiritualité et la préservation des racines. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du programme de diffusion culturelle intitulé « Écran public, territoire des connaissances » qui a été à sa deuxième phase d’expérimentation.
Un double programme entre mystique et exil
Dès 18 heures, deux œuvres contrastées ont été proposées au public :
- Ordalie, le tribunal de l’invisible (1h00), un documentaire de Hadrien La Vapeur et Corto Vaclav.
- Verrücktes Blut (Sang agité) (20 min), un court-métrage de Can Tanyol.

Le premier film, « Ordalie montre comment se déroule le tribunal de l’invisible, où des notables ou magistrats spirituels jugent des personnes accusées d’avoir troublé des familles », a expliqué Botembe Moseka Maïté, coordonnatrice du Ciné-club Minzoto. Selon elle, l’œuvre met en lumière les mécanismes de la justice spirituelle au sein de certaines sociétés africaines.
Le second film, Verrücktes Blut, aborde quant à lui la complexité de la transmission culturelle en contexte migratoire. « Il s’agit d’une famille vivant en Allemagne, où un père cherche à transmettre ses valeurs culturelles et spirituelles à son fils afin de préserver leurs origines », a-t-elle précisé.

L’universalité des racines
Pour la coordonnatrice, ces enjeux dépassent les frontières géographiques : « Personne n’est totalement détaché de la spiritualité ni de ses origines. Même à l’étranger, les familles cherchent à transmettre leur culture aux enfants ».
Un avis partagé par Samuel Mwani, un autre responsable du Ciné-club et spectateur du jour, qui a rappelé l’essence même de cette initiative : « Nous voulons encourager le recours aux traditions ainsi qu’à la conservation des richesses et patrimoines culturels. Ces activités commencent à se répandre dans plusieurs provinces, avec une adaptation selon chaque milieu ». Il a par ailleurs plaidé pour une extension de ces projets à l’échelle nationale afin de reconnecter les communautés à leurs identités respectives.

Véritable plateforme nomade, le Ciné-club Minzoto ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. L’organisation ambitionne de multiplier les projections dans divers espaces culturels de Kinshasa et de l’arrière-pays, consolidant ainsi son rôle de catalyseur de débats sur les grands enjeux de société à travers le cinéma.
Fiston Axel ILUNGA Kabasele
